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ETIAS et ETA britannique : éviter les faux sites d'autorisation de voyage

ETIAS n'existe pas encore, l'ETA britannique coûte 20 livres : les adresses officielles, les sites qui facturent plus, et que faire si vous avez payé.

Mis à jour le 29 octobre 2026 · 7 min de lecture

Deux autorisations de voyage électroniques reviennent dans les recherches des voyageurs européens, et elles n'ont pas du tout le même statut. L'ETIAS, celle de l'Union européenne, n'est pas encore en service : aucun site ne peut légitimement vous la vendre aujourd'hui. L'ETA, celle du Royaume-Uni, est obligatoire pour les ressortissants européens depuis le 2 avril 2025 et coûte 20 livres sur le site du gouvernement britannique. Dans les deux cas, des sites privés se placent en tête des résultats de recherche avec un habillage officiel et un prix plus élevé.

ETIAS : rien à payer tant que le système n'a pas démarré

Le site officiel de l'Union, travel-europe.europa.eu/etias, l'écrit en tête de chaque page à la date où nous l'avons consulté (29 octobre 2026) : ETIAS n'est pas en fonctionnement et aucune demande d'autorisation n'est collectée. L'Union annoncera la date de lancement plusieurs mois à l'avance.

Le calendrier a déjà glissé. Le 5 mars 2025, les ministres de l'Intérieur de l'UE avaient retenu un démarrage au dernier trimestre 2026, avec des périodes de transition et de tolérance d'au moins douze mois ensuite, comme le rappelle l'article du site officiel sur ce calendrier révisé. Les pages principales du site ne citent plus cette échéance et se limitent à la mention « pas en fonctionnement ». Tout site qui affirme traiter votre demande ETIAS maintenant, ou qui vous presse de la faire « avant l'entrée en vigueur », vend donc un service qui n'existe pas encore.

Qui sera concerné

ETIAS vise les ressortissants de 59 pays et territoires dispensés de visa, pour un court séjour (90 jours sur une période de 180 jours) dans 30 pays européens. La FAQ officielle précise que les titulaires d'un visa valable, ou d'une carte ou d'un titre de séjour délivré par l'un de ces pays, n'en ont pas besoin. Un citoyen français, belge ou luxembourgeois n'est pas visé, pas plus qu'un résident étranger qui vit en France avec un titre de séjour. Dans l'entourage d'un lecteur francophone, ce sont par exemple des proches canadiens, américains, britanniques ou japonais qui viendront en visite.

Ce qu'elle coûtera

Le jour où le système fonctionnera, la demande coûtera 20 euros : la Commission a relevé le montant prévu, qui était de 7 euros, selon l'annonce publiée le 21 juillet 2025. Les moins de 18 ans et les plus de 70 ans seront dispensés de payer. La demande se fera sur le site officiel ou dans l'application mobile officielle.

Ce que l'Union dit des sites non officiels

L'Union a consacré un article à l'apparition de sites ETIAS non officiels. Elle y décrit des dizaines de sites, dans de nombreuses langues, dont certaines informations sont fausses, dont beaucoup utilisent illégalement le logo de l'UE, et dont certains collectent déjà des données personnelles. Trois points de cet article sont utiles pour trier :

  • le règlement ETIAS autorise des intermédiaires commerciaux à faire la demande pour le compte d'un voyageur, mais l'Union ne délivre ni agrément ni licence à ces intermédiaires : un site qui se dit « agréé par l'UE » ment ;
  • la somme versée au-delà des 20 euros revient à l'intermédiaire, pas à l'Union ;
  • les sites officiels de l'Union se reconnaissent à leur nom de domaine, qui se termine par europa.eu.

La page « Signaler un abus » liste les pratiques visées : se faire passer pour le canal officiel pour que les frais ajoutés paraissent obligatoires, détourner les données personnelles ou bancaires, facturer un prix déraisonnable, ou ne pas déposer la demande correctement et à temps. Un formulaire y sera ouvert quand ETIAS fonctionnera. L'Union précise qu'il sert à surveiller le système et ne remplace ni une plainte ni une action en justice.

ETA britannique : obligatoire, et vendue plus cher ailleurs

Depuis le 2 avril 2025, un ressortissant européen qui se rend au Royaume-Uni pour un court séjour doit détenir une ETA, comme l'avait annoncé le gouvernement britannique le 5 mars 2025. La page officielle gov.uk/eta donne les éléments à vérifier avant de payer :

PointCe que dit GOV.UK (consulté le 29 octobre 2026)
Prix20 livres, en ligne ou dans l'application UK ETA
Où la demandergov.uk ou l'application officielle « UK ETA » (Google Play, App Store)
Délaidécision en général sous un jour, jusqu'à 3 jours ouvrés
Durée2 ans, ou jusqu'à l'expiration du passeport si elle intervient avant
Quichaque voyageur, bébés et enfants compris
Remboursementaucun une fois la demande déposée

La même page avertit que d'autres sites peuvent facturer davantage et demande d'éviter ceux qui imitent les services publics. Elle ajoute que passer par un autre site ou une autre application ne donne pas une décision plus rapide. Un site qui vend une « procédure accélérée » ou une « assistance prioritaire » vend donc une promesse que le gouvernement britannique dément.

Le tarif officiel a déjà augmenté depuis l'ouverture de l'ETA aux Européens : vérifiez-le sur gov.uk le jour de votre demande. Si un site affiche un total supérieur à ce montant, la différence correspond à ses frais, quels que soient le drapeau ou le blason affichés.

Avant de payer : trois contrôles

L'adresse dans la barre du navigateur. Pour ETIAS, elle doit se terminer par europa.eu ; pour l'ETA, par gov.uk. Un nom qui contient « etias », « eta », « uk-visa » ou « europe » ne prouve rien : n'importe qui peut acheter un tel nom de domaine. Vous pouvez coller l'adresse dans notre vérificateur de lien pour voir depuis quand elle existe et si elle imite une marque connue.

Le prix final. Les frais apparaissent souvent à la dernière étape. Comparez le total au tarif officiel : 20 livres pour l'ETA, rien du tout pour ETIAS tant que le système n'a pas démarré.

Le résultat de recherche sur lequel vous avez cliqué. Les annonces sponsorisées apparaissent au-dessus des résultats naturels et peuvent être achetées par n'importe quel intermédiaire. Taper l'adresse officielle vous-même évite ce piège.

Vous avez déjà payé un intermédiaire

Commencez par savoir ce que vous avez réellement obtenu. Pour l'ETA, la page Check your ETA du gouvernement britannique permet de vérifier si une autorisation existe et quand elle expire. Si elle a été délivrée, vous avez payé trop cher mais vous pouvez voyager. Si rien n'a été déposé, il faudra faire la demande officielle vous-même avant le départ.

Le Centre Européen des Consommateurs France rappelle dans sa fiche sur les faux sites administratifs qu'un professionnel a le droit de facturer une démarche gratuite ou moins chère en direct, à condition d'afficher clairement ses tarifs, de vous remettre une confirmation de commande TTC et de vous indiquer que vous n'avez pas de droit de rétractation une fois le service exécuté. Si ces règles n'ont pas été respectées :

  1. écrivez à la société en gardant une copie, et demandez le remboursement de la part qui excède le tarif officiel ou du tout si aucun service n'a été rendu ;
  2. si elle est établie dans un autre pays de l'Union, en Islande ou en Norvège, et ne répond pas sous trois semaines, saisissez le CEC France, qui n'intervient que pour ces pays : une société installée au Royaume-Uni ou hors d'Europe n'en relève pas ;
  3. si vous avez payé par carte et que rien n'a été déposé en votre nom, demandez à votre banque une procédure de rétrofacturation (chargeback), qui n'est ni automatique ni proposée par tous les réseaux de carte.

Si vous avez saisi vos données de carte sur un site qui n'a rien délivré et ne répond plus, traitez-le comme un faux site : faites opposition auprès de votre banque et suivez notre guide sur la fraude à la carte bancaire. Pour un résident français, le signalement se fait sur la plateforme THESEE lorsque le site est injoignable, comme détaillé dans notre article sur les faux sites marchands.

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