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Signaler une arnaque en Suisse : OFCS, police cantonale, plainte en ligne

Annonce à l'OFCS, plainte en ligne limitée à trois cas, poste de police pour le reste, liste d'alerte de la FINMA : la démarche suisse, étape par étape.

Mis à jour le 29 octobre 2026 · 4 min de lecture

En Suisse, le signalement d'une arnaque en ligne passe par l'Office fédéral de la cybersécurité (OFCS), mais l'OFCS n'est pas la police : il analyse, conseille et alerte, sans enregistrer de plainte pénale. La plainte relève de la police. Et pour bloquer une carte ou un accès e-banking, c'est votre banque qu'il faut appeler. Voici l'ordre des démarches et ce que chaque service peut faire.

1. De l'argent ou des codes en jeu : votre banque d'abord

Si vous avez communiqué un numéro de carte, un code ou des accès e-banking, ou si un paiement est parti, appelez immédiatement le service de blocage de votre banque, au numéro figurant au dos de votre carte ou sur son site officiel. Demandez le blocage de la carte et des accès, et, pour un virement, une tentative de rappel des fonds. Ne rappelez jamais un numéro reçu dans le message suspect.

En cas d'urgence aiguë, comme une menace ou une personne en danger, la plateforme de l'OFCS rappelle elle-même qu'elle ne traite pas les annonces 24 heures sur 24, et renvoie vers le 112 ou le 117.

2. Annoncez l'incident à l'OFCS

L'OFCS reçoit les annonces sur sa plateforme de signalement. La démarche est volontaire. Après quelques questions, vous recevez une première évaluation automatisée de votre cas, avec les mesures à prendre, puis vous pouvez transmettre le cas à l'OFCS pour un traitement ultérieur. L'office explique que ces annonces lui permettent de repérer les tendances et d'agir de manière ciblée : c'est grâce à elles qu'il publie ses revues hebdomadaires, comme celle du 6 janvier 2026 sur les faux sites d'e-vignette.

L'OFCS le précise sur la même page : il ne peut pas enregistrer les plaintes pénales.

3. Portez plainte : en ligne pour trois cas, au poste pour le reste

La plateforme de l'OFCS indique qu'une plainte en ligne n'est possible que pour trois délits :

  • une fausse annonce de logement ou une fausse annonce immobilière ;
  • un achat en ligne payé mais pas reçu ;
  • l'utilisation abusive de vos données pour une commande.

Ces trois plaintes se déposent depuis la plateforme de l'OFCS, qui vous guide vers le bon formulaire. Pour tous les autres délits (faux conseiller bancaire, faux placement, arnaque sentimentale, chantage), la plateforme renvoie vers un poste de police, par l'intermédiaire de Suisse ePolice. Préparez les relevés de compte avec le détail des opérations contestées, les numéros de téléphone, les adresses de sites et d'e-mail utilisés, et les captures d'écran des échanges.

4. Le bon interlocuteur selon le type d'arnaque

Placement, trading, cryptomonnaies. L'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers publie une liste d'alerte des entreprises susceptibles d'exercer sans l'autorisation requise. La FINMA prévient qu'il n'y a aucune garantie que cette liste soit exhaustive et à jour : une société qui n'y figure pas n'est pas pour autant autorisée. Vérifiez plutôt qu'elle apparaît dans la liste des établissements autorisés, sur le même site.

Litige avec votre banque, par exemple un refus de rembourser une opération contestée : l'Ombudsman des banques suisses est l'instance de médiation du secteur.

Messages et sites frauduleux en circulation. La police cantonale de Zurich exploite cybercrimepolice.ch, qui publie les escroqueries en ligne signalées et une liste d'alerte, avec une rubrique pour signaler un événement. La Prévention Suisse de la Criminalité, service intercantonal rattaché à la conférence des directeurs cantonaux de justice et police, publie des conseils de prévention.

Faux e-mails « fedpol », « Europol » ou « Interpol ». La police cantonale de Fribourg a décrit ces campagnes dès décembre 2021 et rappelle que la police n'envoie jamais d'amende ni de document judiciaire par e-mail. Voir notre page sur les faux mails d'Europol.

Vignette autoroutière. L'OFDF ne vend la vignette électronique qu'à 40 francs, sur e-vignette.ch ou via.admin.ch/shop, et ne demande jamais de confirmer des données de paiement par e-mail. Voir notre page sur les vignettes en Europe.

Acheter dans l'Union depuis la Suisse

Le réseau des Centres Européens des Consommateurs, qui aide gratuitement à régler un litige avec un vendeur d'un autre pays, compte 29 centres, dans chaque État de l'Union ainsi qu'en Norvège et en Islande. La Suisse n'en fait pas partie : un consommateur qui réside en Suisse ne peut pas s'adresser à un CEC pour un achat auprès d'un vendeur allemand ou français. Restent la carte bancaire, avec la contestation auprès de votre banque, et, pour une vraie escroquerie, la plainte en ligne si l'achat a été payé et jamais reçu.

Pour un lien ou un message suspect, notre vérificateur de lien et notre analyseur de message donnent une première lecture. Ils ne remplacent ni l'annonce à l'OFCS ni la plainte.

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