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Faux profil de rencontre : le vérifier, le faire fermer, et que faire si c'est votre photo

Vérifications conseillées par Cybermalveillance, signalement à la plateforme et sur THESEE, recours si vos photos servent à un faux profil.

Mis à jour le 1 octobre 2026 · 6 min de lecture

Un faux profil ne se repère pas à un détail unique. Les autorités ne donnent d'ailleurs pas de signe infaillible : elles recommandent une série de vérifications, puis des démarches précises selon que vous êtes la personne abordée ou celle dont l'image a été prise. Cette page suit ces deux situations.

Vous doutez de la personne qui vous écrit

Les vérifications ci-dessous sont celles que recommande Cybermalveillance.gouv.fr dans sa fiche sur l'escroquerie sentimentale.

Chercher les photos ailleurs. Faites une recherche inversée des photos de votre interlocuteur pour savoir si ce sont bien les siennes. Les principaux moteurs de recherche proposent cette fonction. Retrouver les mêmes images sous un autre nom indique que le profil emprunte l'apparence de quelqu'un d'autre. L'inverse n'est pas vrai : ne rien trouver ne prouve pas que le profil est authentique.

Poser beaucoup de questions. La fiche conseille de prendre le temps de connaître son interlocuteur et d'évaluer la cohérence de ses réponses d'un échange à l'autre.

Demander un avis extérieur. Au moindre doute sur la sincérité de la personne, parlez-en à vos proches. La fiche ajoute un signal lié : méfiez-vous si elle tente de vous isoler d'eux.

Regarder ce qui se passe quand il est question de se voir. La fiche de Cybermalveillance.gouv.fr appelle à se méfier si la personne promet une rencontre mais trouve toujours une excuse pour ne pas le faire, d'autant plus si la situation dure depuis des semaines, voire plusieurs mois.

Noter les changements de canal. Cybermalveillance.gouv.fr invite à la méfiance lorsqu'une personne vous incite à poursuivre sur une autre plateforme que celle de la rencontre. L'association e-Enfance explique pourquoi : déplacer la conversation vers une messagerie privée permet d'être moins facilement détecté.

Deux limites à garder en tête. La visio n'est pas une preuve : la fiche officielle la cite parmi les canaux par lesquels ces escroqueries se déroulent. Et vos propres publications comptent : selon cette même fiche, les escrocs pourraient utiliser ce que vous affichez sur les réseaux sociaux et les sites de rencontres pour mener à bien leur escroquerie.

Si plusieurs de ces points se cumulent sans que vous arriviez à trancher, notre test arnaque reprend la situation question par question.

Le profil est faux : ce que vous pouvez faire

Coupez le contact. Dans sa fiche, Cybermalveillance.gouv.fr demande d'interrompre immédiatement toute relation avec l'escroc, même s'il se montre menaçant par message ou par téléphone, ou s'il tente de vous faire chanter.

Deux règles de prévention de la même fiche restent valables tant que l'échange n'est pas rompu : n'envoyez jamais d'argent à une personne avec laquelle vous n'avez communiqué qu'en ligne ou par téléphone, et n'envoyez jamais de photos ou de vidéos intimes à un contact virtuel, qui pourrait s'en servir pour vous faire chanter.

Gardez des traces. Captures d'écran du profil et des échanges, numéro de téléphone, de préférence avec la date et l'heure visibles : ce sont les preuves que Service-Public demande de rassembler.

Signalez le profil à la plateforme. Cybermalveillance.gouv.fr demande d'informer le site sur lequel la personne vous a abordé, pour qu'il prenne les mesures nécessaires, dont la suppression du profil. Les hébergeurs doivent proposer un mécanisme de signalement facilement accessible, rappelle Service-Public.

Signalez-le aux enquêteurs s'il vous a demandé de l'argent. Le service « Signaler une escroquerie aux sentiments » de la plateforme THESEE est ouvert aux victimes comme aux témoins. Deux conditions : vous n'avez pas rencontré la personne, et une demande d'argent a été faite. Il n'est pas nécessaire d'avoir payé. Ce signalement n'est pas une plainte et vous ne serez pas informé de ses suites.

Si vous avez déjà versé de l'argent ou transmis des informations bancaires (numéro de carte, numéro de compte), informez-en votre banque et surveillez régulièrement les opérations sur votre compte : les démarches bancaires et la plainte sont détaillées dans l'arnaque sentimentale en ligne. Si le faux profil vous menace de diffuser des images, allez directement à la page sextorsion. Les numéros d'aide gratuits (116 006, Info Escroqueries, 3018) sont présentés avec leurs horaires dans notre dossier arnaque sentimentale.

Ce sont vos photos, ou votre nom, qui servent d'appât

C'est l'autre versant du faux profil : une personne bien réelle découvre que son visage sert à tromper des inconnus. Service-Public traite cette situation dans sa fiche « Usurpation d'identité », vérifiée le 16 septembre 2025.

  1. Rassemblez les preuves : captures d'écran, messages, adresses des pages concernées.
  2. Signalez l'usurpation à la plateforme et demandez le retrait de la publication.
  3. Faites valoir votre droit à l'effacement. Votre image est une donnée personnelle dès lors que l'on vous reconnaît. La CNIL décrit la procédure sur sa page « Demander le retrait de votre image en ligne » : écrire au site en mentionnant les adresses concernées et le motif, avec un modèle de courrier fourni. Si aucune réponse satisfaisante ne vous parvient sous un mois, vous pouvez saisir la CNIL par son formulaire de plainte, en joignant la copie de vos démarches.
  4. Portez plainte. Selon Service-Public, la victime peut porter plainte dès qu'elle constate l'infraction. En cas de simple soupçon, une main courante permet de dater les faits.

Si vos photos ont été récupérées après le piratage d'un de vos comptes, commencez par le reprendre en main : voir compte piraté : que faire. Les autres formes d'usurpation (crédit, documents, comptes ouverts à votre nom) sont traitées dans notre dossier usurpation d'identité.

Comment la loi qualifie ces faits

Pour la personne trompée. L'usage d'un faux nom ou d'une fausse qualité pour amener quelqu'un à remettre des fonds est l'un des éléments de l'escroquerie, punie de 5 ans d'emprisonnement et de 375 000 euros d'amende par l'article 313-1 du Code pénal. La tentative est punie des mêmes peines (articles 313-1 à 313-3).

Pour la personne dont l'identité est utilisée. L'article 226-4-1 du Code pénal punit d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende le fait d'usurper l'identité d'un tiers, ou d'utiliser des données permettant de l'identifier, en vue de troubler sa tranquillité ou celle d'autrui, ou de porter atteinte à son honneur ou à sa considération. Les mêmes peines s'appliquent lorsque les faits sont commis en ligne.

Une précision de Service-Public évite un malentendu : l'usurpation d'identité suppose que l'identité empruntée soit celle d'une personne qui existe réellement. Un personnage entièrement inventé ne relève donc pas de cette qualification. C'est alors celle d'escroquerie, ou de tentative (articles 313-1 à 313-3 du Code pénal), qui peut s'appliquer lorsque de l'argent est demandé sous ce faux nom.

FAQ

Comment vérifier si les photos d'un profil ont été volées ?
Cybermalveillance.gouv.fr conseille une recherche inversée des photos de votre interlocuteur, fonction proposée par les principaux moteurs de recherche. Si les mêmes images apparaissent sous un autre nom, le profil emprunte l'identité de quelqu'un d'autre. L'absence de résultat ne prouve pas que le profil est authentique.
Un appel vidéo suffit-il à prouver que la personne est réelle ?
Non. La fiche officielle sur l'escroquerie sentimentale cite la visio parmi les canaux utilisés par les escrocs, aux côtés de la messagerie et du téléphone. Elle présente comme une caractéristique de cette escroquerie le fait que la victime ne rencontre jamais physiquement l'escroc, qui invente toujours un prétexte pour l'éviter.
Quelqu'un utilise mes photos sur un site de rencontre, que puis-je faire ?
Signalez le profil à la plateforme et demandez le retrait de vos images. Sans réponse satisfaisante sous un mois, vous pouvez saisir la CNIL. L'usurpation d'identité est un délit puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende (article 226-4-1 du Code pénal) : vous pouvez porter plainte en joignant captures d'écran et adresses des pages.
Peut-on signaler un faux profil à la police sans avoir perdu d'argent ?
Oui, si une demande d'argent a été faite et que la relation est restée virtuelle : selon Service-Public, le signalement sur THESEE est ouvert aux victimes et aux témoins, même sans versement. Ce n'est pas une plainte et vous ne serez pas informé des suites.

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