Antivirus et arnaques : ce que vous avez déjà, ce qu'un payant ajoute
Windows intègre un antivirus, Chrome un filtre anti-hameçonnage. Ce qu'une suite payante ajoute, ses limites, et deux offres partenaires non testées.
Liens partenaires : nous pouvons percevoir une commission, sans surcoût pour vous.
Vous avez probablement déjà un antivirus
Sur un PC sous Windows, l'application Sécurité Windows est intégrée au système. Elle comprend l'antivirus Microsoft Defender, qui analyse l'appareil en permanence, et le pare-feu Windows (assistance Microsoft). Côté navigateur, la navigation sécurisée de Chrome avertit en cas de site d'hameçonnage ou de téléchargement dangereux (aide Google Chrome).
La première vérification à faire est donc gratuite (sur un appareil Windows 11, Microsoft indique qu'il n'y a pas de supplément à payer pour cet antivirus intégré) : ouvrir Sécurité Windows depuis le menu Démarrer et s'assurer que la protection en temps réel est active.
Ce que dit Cybermalveillance.gouv.fr
Le dispositif public répond à dix questions sur le sujet dans sa fiche « Les antivirus », mise à jour le 30 juin 2026. Quatre réponses aident à décider.
- Faut-il un antivirus ? Oui, sur tous les appareils, tout en sachant qu'aucun n'offre une protection absolue.
- Gratuit ou payant ? Les performances de protection tendent à se rapprocher sur les fonctions de base. Les payants, à quelques dizaines d'euros par an, ajoutent surtout des fonctions : détection de sites d'hameçonnage, VPN, coffre-fort, gestionnaire de mots de passe, assistance.
- Lequel est le meilleur ? La fiche refuse de trancher : les performances des principaux produits sont assez proches et leur classement varie d'un test à l'autre. Nous ne désignons pas de « meilleur » non plus.
- Où le télécharger ? Uniquement sur le site officiel de l'éditeur ou dans les magasins d'applications officiels. Une fenêtre qui annonce une infection et propose un autre antivirus est, selon la fiche, une arnaque au faux antivirus.
La même fiche prévient qu'un antivirus peut ralentir un appareil, selon sa puissance.
Ce qu'un antivirus n'arrête pas
Un antivirus cherche des programmes malveillants et, pour les suites payantes, compare les sites visités à ce qu'il sait des pages frauduleuses. Il n'intervient pas dans une conversation.
| Situation | Effet d'un antivirus |
|---|---|
| Pièce jointe ou application piégée | C'est son rôle : détection, quarantaine ou suppression. |
| Fausse page de banque ou de transporteur déjà répertoriée | Blocage possible si la suite inclut un filtre anti-hameçonnage. |
| Fausse page mise en ligne il y a quelques heures | Aucune garantie. |
| Faux conseiller bancaire au téléphone | Aucun effet : c'est vous qui validez l'opération. |
| Virement fait à un vendeur ou à un « placement » frauduleux | Aucun effet. |
La fiche sur le faux conseiller bancaire cite l'antivirus parmi les protections, mais pour une raison précise : éviter qu'un virus ne vole les mots de passe et les données qui rendront l'escroc crédible. La fraude elle-même se joue au téléphone. Voir notre article sur le faux conseiller bancaire.
Quand une suite payante se justifie
- Vous protégez plusieurs appareils de systèmes différents (PC, Mac, téléphones) et voulez une seule licence.
- Vous voulez un filtre anti-hameçonnage qui s'applique hors du navigateur principal, y compris sur téléphone.
- Vous tenez à une assistance en cas de problème.
Si aucun de ces points ne vous concerne, sur un PC sous Windows, l'antivirus intégré (activé et à jour), les mises à jour du système et un navigateur récent constituent une base correcte. Pour les autres appareils (Mac, tablette, téléphone), Cybermalveillance.gouv.fr considère que tous les équipements devraient être protégés et recommande, pour les appareils mobiles, de s'équiper d'une solution de sécurité ; il existe des antivirus gratuits et des payants. Les critères à regarder sinon : les systèmes couverts, le nombre d'appareils, ce qui est réellement inclus dans la formule choisie (les options comme le VPN sont souvent bridées), le prix au renouvellement et le délai de remboursement.
Deux suites, faits vérifiés le 1er octobre 2026
Ce sont les deux produits pour lesquels la page affiche un lien partenaire. Nous n'avons réalisé aucun test : les éléments ci-dessous viennent des pages françaises des éditeurs, lues à cette date. Les prix ne sont pas repris, ils changent trop souvent.
Bitdefender Total Security
D'après la page du produit : couverture de Windows, macOS, Android et iOS ; module antiphishing qui bloque les sites se faisant passer pour des sites de confiance afin de voler mots de passe ou numéros de carte ; fonction « Scam Protection » contre les faux sites et les escroqueries par SMS ; formules pour 5 appareils sur un compte ou 25 appareils sur 5 comptes ; essai de 30 jours et remboursement complet possible pendant cette période.
Limites relevées sur la même page :
- le VPN inclus est plafonné à 200 Mo de trafic par jour et par appareil, ce qui suffit pour consulter un compte sur un Wi-Fi public, pas pour un usage continu ;
- les fonctions listées ne sont pas les mêmes d'un système à l'autre : l'antivol, par exemple, est décrit dans les listes Windows et Android de la page du produit, mais ne figure pas dans les listes macOS et iOS.
Norton 360
D'après la page du produit : la formule Standard couvre 1 appareil (PC, Mac, tablette ou téléphone) et la formule Deluxe 5 ; elles comprennent une protection contre les escroqueries, un gestionnaire de mots de passe et un VPN ; le remboursement peut être demandé dans les 14 jours pour un abonnement mensuel et dans les 60 jours pour un abonnement annuel.
Limites relevées dans les notes de bas de page de l'éditeur :
- la sauvegarde cloud n'est disponible que sous Windows ;
- la surveillance du dark web n'est pas disponible dans tous les pays, les informations surveillées varient selon le pays de résidence, et par défaut seule l'adresse e-mail est examinée ;
- le prix affiché est celui de la première année, distinct du prix de renouvellement.
Avant de payer
Un antivirus, gratuit ou payant, réduit le risque lié aux fichiers et aux sites déjà connus comme dangereux. Il ne remplace ni les mises à jour, ni la vérification d'un lien (notre vérificateur de lien et notre analyseur d'email et SMS sont gratuits), ni la règle rappelée par Cybermalveillance.gouv.fr contre le faux conseiller bancaire : ne jamais valider une opération dont vous n'êtes pas à l'origine, même si votre interlocuteur affirme qu'il s'agit de l'annuler, que ce soit lui qui vous appelle ou vous qui le rappeliez.