Faux SMS de livraison de colis
Un SMS de « livreur » annonce un colis bloqué et renvoie vers une fausse page de transporteur. Ce que Cybermalveillance.gouv.fr en dit, et quoi faire.
Il ne s'agit pas d'une vague ponctuelle. Dans son article « L'hameçonnage à la livraison de colis », mis à jour le 26 août 2026, Cybermalveillance.gouv.fr écrit observer ces campagnes en permanence et classe la livraison de colis parmi les thèmes les plus massivement utilisés pour l'hameçonnage. Cette page reprend les éléments de cet article, consulté le 1er octobre 2026.
À quoi ressemble le message
D'après l'article officiel, le SMS affiche en général un numéro de mobile en 06 ou 07 et prétend venir d'un livreur. Les transporteurs dont le nom est utilisé sont réels (Mondial Relay, La Poste, Colissimo, DPD, Chronopost, UPS) ou inventés. Le prétexte varie :
- le colis ne rentrait pas dans la boîte aux lettres ;
- le destinataire était absent, un créneau ou un point relais est à choisir ;
- des frais restent à payer : affranchissement, port, TVA, douane.
Cybermalveillance.gouv.fr cite des formulations très courtes, du type « Bonjour, vous êtes à la maison ? », et signale que certains SMS contiennent la photo d'un colis modifiée avec le nom du destinataire, voire un fichier audio présenté comme le message vocal du livreur. Un message personnalisé n'est donc pas un gage d'authenticité.
Ce que cherche l'escroc
Le lien mène à un site qui imite celui du transporteur et demande identité, adresse, téléphone, puis systématiquement les coordonnées de la carte bancaire pour régler de prétendus frais. L'article précise qu'il y a rarement un vrai paiement : l'objectif est de récupérer le numéro de carte, pour l'utiliser ou le revendre.
Le point le plus important de la mise en garde officielle est la suite. Dans de très nombreux cas, les données saisies servent dans les heures ou les jours suivants à une fraude au faux conseiller bancaire. D'après la fiche de Cybermalveillance.gouv.fr sur cette fraude, l'escroc, en général, appelle la victime ou l'incite à le contacter et se présente comme conseiller ou agent du service anti-fraude de sa banque. Il dispose souvent d'informations sur elle (identité, adresse, coordonnées de carte bancaire, voire numéro de compte) et la trompe pour lui faire valider des opérations frauduleuses sur ses comptes. Voir notre article sur le faux conseiller bancaire.
L'article recense aussi d'autres finalités avec la même accroche : faux lot à gagner qui cache un abonnement pouvant coûter plusieurs dizaines d'euros par mois, faux livreur qui réclame par téléphone un code reçu par SMS (le code valide un achat sur la facture téléphonique), lien qui installe une fausse mise à jour du navigateur sur Android ou qui réclame l'identifiant Apple sur iPhone.
Ce que disent les transporteurs
Cybermalveillance.gouv.fr rappelle que les entreprises de livraison ne demandent jamais un paiement par SMS ou par mail pour remettre un colis, et cite les engagements publics de La Poste, de Chronopost et de Mondial Relay en ce sens. Une demande de paiement reçue par SMS ou par mail doit donc alerter, quel que soit le montant. Une exception existe : pour un colis venant de l'étranger, ou échangé entre la métropole et l'outre-mer, La Poste indique sur son site d'aide qu'elle peut réclamer des droits et taxes de douane par mail ou par SMS. Dans ce cas, ne passez pas par le lien du message : comme La Poste le conseille en cas de doute, saisissez vous-même le numéro d'envoi dans le suivi sur laposte.fr, qui indique si des droits et taxes sont dus.
Vous avez reçu le SMS
- Ne cliquez pas. Vérifiez le suivi réel du colis que vous attendez, depuis le site ou l'application du transporteur que vous ouvrez vous-même.
- Si vous avez déjà ouvert le lien, regardez l'adresse affichée par le navigateur : si le nom de domaine ne correspond pas exactement à celui du transporteur, fermez la page sans rien saisir.
- Signalez le SMS au 33700, par transfert du message (sans ajouter de commentaire) ou en ligne sur la plateforme 33700.fr : le signalement est gratuit, d'après la fiche de Service-Public.fr sur le spam par SMS, qui décrit ces deux voies. L'adresse du site peut être signalée à Phishing Initiative, et un mail frauduleux à Signal Spam.
- Bloquez l'expéditeur.
Vous avez saisi vos informations
- Faites opposition immédiatement auprès de votre banque si vous avez communiqué votre carte ou si vous constatez des débits.
- Conservez le message, le numéro de l'expéditeur, l'adresse du site et des captures d'écran.
- Si vous avez donné un mot de passe, changez-le partout où il sert, comme le recommande la fiche de Cybermalveillance.gouv.fr sur le piratage de compte. Voir compte piraté, que faire.
- En cas de débits frauduleux par carte, signalez-les sur la plateforme Perceval du ministère de l'Intérieur, puis déposez plainte : le signalement ne remplace pas la plainte.
- Demandez le remboursement à votre banque.
- Dans les jours qui suivent, considérez tout appel d'un « conseiller bancaire » comme suspect.
Info Escroqueries répond au 0 805 805 817 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30.
Notre vérificateur de lien et notre analyseur d'email et SMS relèvent les signaux d'un lien ou d'un message suspect. Ils ne remplacent pas la vérification sur le site officiel du transporteur. Pour les variantes du piège, voir l'article arnaque au faux colis par SMS.