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Niveau de risque: Critique

Faux conseiller bancaire avec usurpation du numéro

Un appelant se présente comme le service fraude de votre banque et vous fait valider des opérations. Ce que disent Cybermalveillance.gouv.fr et la Banque de France.

Cette page ne signale pas une campagne nouvelle. Elle résume ce que les organismes publics publient sur la fraude au faux conseiller bancaire : la fiche de Cybermalveillance.gouv.fr, publiée le 19 janvier 2023 et mise à jour le 7 mai 2026, et la page « Fraude aux moyens de paiement » de la Banque de France. Les deux ont été consultées le 1er octobre 2026.

Ce que décrit la fiche officielle

Selon Cybermalveillance.gouv.fr, l'escroc appelle la victime, ou l'incite à le rappeler, et se présente comme un conseiller ou un agent du service antifraude de sa banque. Il dispose souvent d'informations exactes pour paraître crédible : identité, adresse, coordonnées de carte, parfois numéro de compte. Il affirme que des opérations suspectes sont en cours et propose de les bloquer en urgence.

Pour cela, il demande l'une de ces actions :

  • lui dicter des codes reçus par SMS ;
  • confirmer une opération dans l'application bancaire ;
  • dans certains cas, donner le code secret de la carte et la remettre à un coursier censé la sécuriser ou la détruire.

La fiche est explicite sur le résultat : ces codes et ces confirmations ne bloquent rien. Ils valident des achats par carte, l'ajout d'un bénéficiaire ou des virements au profit de l'escroc.

Le site ABE Info Service décrit le même scénario et le rattache au contournement de l'authentification forte des paiements : puisque le fraudeur ne peut plus valider seul, il fait valider la victime.

Le numéro affiché ne prouve rien

L'Arcep définit le « spoofing » comme la réception d'un appel ou d'un message qui usurpe un numéro de téléphone, généralement celui d'une entité de confiance (fiche mise à jour le 9 juillet 2026).

La Banque de France indique que, depuis le 1er octobre 2024, les numéros fixes sont mieux sécurisés par les opérateurs, ce qui limite l'usurpation des lignes utilisées par les banques. Elle précise aussitôt la limite : les fraudeurs peuvent continuer d'appeler depuis des lignes ordinaires, par exemple des mobiles. Un numéro qui paraît normal ne vaut donc pas davantage preuve qu'un numéro qui ressemble à celui de l'agence.

Ce qu'une banque ne demande pas

Les deux organismes formulent la même règle. Un conseiller ne demande jamais un mot de passe, un code de confirmation, ni de valider ou d'annuler une opération dans l'application au motif d'une fraude en cours. Il ne demande pas non plus le code secret de la carte, ni de la confier à qui que ce soit. La Banque de France ajoute qu'une banque n'a besoin d'aucune action de votre part pour bloquer une transaction qu'elle juge suspecte.

Conséquence pratique : si l'appelant vous demande l'un de ces gestes, la question de savoir s'il est vraiment de la banque est tranchée. Raccrochez, puis contactez votre banque par un canal que vous connaissez déjà (application, numéro indiqué dans l'application, agence).

Si vous avez répondu ou validé quelque chose

La fiche de Cybermalveillance.gouv.fr donne l'ordre suivant.

  1. Faites opposition à votre carte sans délai, même si aucune opération n'a encore été passée. Le numéro d'opposition figure sur le site de votre banque et sur ses distributeurs. Le serveur interbancaire d'opposition répond au 0 892 705 705 (numéro surtaxé), tous les jours, à toute heure.
  2. Si vous pensez que l'accès à votre banque en ligne est compromis, changez le mot de passe ou demandez sa réinitialisation.
  3. Repérez les paiements et virements que vous n'avez pas voulus, ainsi que les comptes bénéficiaires.
  4. Signalez-les à votre banque et demandez, selon le cas, le remboursement, la suspension ou le retour des fonds.
  5. Conservez les preuves : numéros appelants, messages, ordres de virement, relevés.
  6. Si la carte est concernée, signalez les faits sur la plateforme Perceval du ministère de l'Intérieur. Ce signalement ne remplace pas la plainte.
  7. Déposez plainte au commissariat, à la gendarmerie, ou par écrit au procureur de la République.

Deux précisions utiles. Pour une opération par carte, la Banque de France indique que le remboursement doit être demandé dans un délai maximal de 13 mois après le débit, ramené à 70 jours lorsque la banque du bénéficiaire est située hors de l'Espace économique européen (le contrat de la carte peut prévoir jusqu'à 120 jours). Elle écrit aussi que le dépôt de plainte ne peut pas être exigé par la banque comme préalable indispensable à l'examen de votre demande de remboursement, alors que la fiche de Cybermalveillance.gouv.fr prévient que certaines banques en réclament une copie : déposez plainte, mais n'attendez pas de l'avoir fait pour contester.

Pour être conseillé, la plateforme Info Escroqueries du ministère de l'Intérieur répond au 0 805 805 817 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30. Les associations France Victimes sont joignables au 116 006.

D'où l'escroc tient vos informations

La fiche cite l'hameçonnage, le piratage d'un compte, un virus voleur de mots de passe et les fuites de données détenues par une organisation. Dans son article sur les arnaques à la livraison de colis, Cybermalveillance.gouv.fr précise que les données saisies sur une fausse page de transporteur sont, dans de très nombreux cas, réutilisées dans les heures ou les jours suivants par des faux conseillers bancaires. Si vous avez rempli un formulaire de ce type récemment, tout appel « de votre banque » doit être tenu pour suspect.

Pour le déroulé complet et les recours, voir notre article sur le faux conseiller bancaire. Notre vérificateur de numéro de téléphone aide à repérer un numéro surtaxé, mais il ne peut pas dire qui appelle réellement : pour cette fraude, la seule vérification fiable reste de raccrocher et de rappeler votre banque vous-même.